26 mars 2010

Apologie














Avec trois framboises
célébrer l'imaginaire
faire des marionnettes

Quand je suis seule j'aime jouer avec la nourriture. Mettre des framboises au bout de chacun de mes doigts par exemple et m'imaginer que je peux leur parler comme à des amies qui savent écouter, m'amuse. Je pourrais leurs dire tout ce qui me passe par la tête, elles ne me jugeront jamais et même si je les mange elles ne m'en voudront pas. Les amies c'est différent et je vais devoir faire mon apologie avant de boire la ciguë. Comme Socrate je vais me servir d'un genre littéraire pour me défendre et défendre mon droit à l'expression. Je me suis souvent servie de ce blog pour exprimer ce que mes amies et mes collègues n'ont pas voulu entendre, trop pressés, trop occupés ou trop rien à faire avec ça. J'ai souvent du mal à m'exprimer verbalement, si je n'ai pas une bonne réception je préfère me taire. Écrire m'est plus facile, j'ai le temps de réfléchir, de trouver le bon mot, le bon adjectif. C'est important les adjectifs, ils accentuent toutes choses. Alors voilà, si vous lisez mes textes et que vous trouvez que c'est très personnel et bien ne soyez pas surpris, c'est exactement pour cela que j'entretiens ce blog, pour m'exprimer quand j'en ai besoin. Je crois que je suis généralement respectueuse, il y a assez de blog mal embouché et je ne vais pas en rajouter. J'ai commencé à écrire quand ma fille est partie en appartement avec son amoureux. Je n'avais plus personne avec qui partager mes petits soucis du quotidien. Avant de me mettre à parler toute seule, ou encore à vraiment discuter avec des framboises, pour l'instant je ne fais que jouer avec, je vous promet que j'irai voir un psy. Si j'ai blessé quelqu'un je m'en excuse, mais je ne m'empêcherais pas d'écrire ce que je ressens, c'est primordial à ma santé mentale. Vous devriez en faire autant c'est salvateur. Je ne gagnerai jamais de prix pour mon blog, on n'éditera jamais un livre à partir de ce que j'écris mais le bien que cela me procure m'aura permis d'avancer, en me permettant de m'exprimer, autant par le texte que par le dessin et les haïkus. Ce blog, combiné aux petits livres que je fais et qui sont distribués dans les Distrobotos sont mes phares, ils éclairent ma route et si j'avance lentement c'est que j'aime ça comme ça. Ce soir je serai à Sutton où une amie organise un atelier de papier marbré avec Lucie Lapierre. J'y vais avec ma grande amie, qui va beaucoup mieux car elle est en amour, et avec qui j'ai envie de passer du temps après s'être un peu perdue de vue. Je vais moi aussi beaucoup mieux, je prends la vie plus simplement, je réussie à prendre du recul sur ce qui se passe autour de moi et en moi et j'ai des projets qui avancent lentement mais qui avancent. Je vais profiter de ce séjour à la campagne pour faire des dessins, des aquarelle, et des haïkus en plus du papier marbré. Ce sont de petites choses qui prennent à peine plus de temps que de prendre une photo et qui me plaisent davantage. Je vais pouvoir nourrir ce blog de nouvelles images et de nouvelles idées.
J'ai rencontré vendredi le 19 mars dernier plusieurs autres blogueurs à la rencontre du Yulblog pour leur dixième anniversaire et ils m'ont tous apparus comme des gens équilibrés, un peu timide bien sur mais capable de se parler de tout et de rien. Pouvoir mettre des visages sur des textes que je lis fut très agréable comme Pierre-Léon et les surprises toutes positives comme Valérie. Hier soir j'étais à une fête de tweeteur au Bain Mathieu et l'ambiance était très différente, les gens sont plus jeunes, plus énervés et surtout plus branchés. Ce que j'ai trouvé de meilleur dans cette soirée à part l'acceuil des barmans et barmaids ce sont les macarons du Point G. Autrement j'ai trouvé qu'il y avait énormément de pitoneux, de photographeux et de vidéasteux. Je me suis même fait bousculer par une dame qui voulait absolument prendre David Husher en photo avec son téléphone portable. Il y avait devant nous une mer de ces appareils qui créait une barrière entre la scène et nous. Je n'ai pas vue cela chez les blogueurs, ils étaient plus calmes et plus ouverts. Deux univers parallèles se côtoient sur le net. Je fais partie des deux mais j'avoue me servir de tweeteur surtout pour me tenir informé et pas encore pour informer les autres. J'ai le projet de mettre certains de mes haïkus sur ce réseau. Je ne sais pas encore lesquels, mes vieux, ou mes plus récents, je prends encore du temps pour y penser. Rien ne presse, n'est-ce pas?

4 commentaires:

Panthère rousse a dit...

Avec tes framboises, tu me fais penser à un sketch de «Un gars, une fille» ou Sylvie, dans le métro, se mettait à parler à sa pomme, parce que Guy était tanné qu'elle lui parle... :-)

helena a dit...

Moi, je parle toute seule, fréquement! Je trouve une saine attitude! Malheureusement, je ne dessine pas comme toi et au lieu de peindre des framboises, je les mange!!!
Bon weekend.

Venise a dit...

Je me souviendrais toujours de cette phrase de la poète Rina Lanier, phrase que j'ai apprise à mon cours de diction : "Une framboise assez grosse pour coiffer mon pouce".

Il y a beaucoup dans ton mot. Si cela te fais du bien de parler de toi, eh bien c'est merveilleux puisqu'il y a des personnes, comme moi, qui aime te lire.

Tu poses un regard qui a du recul sur les gens, les choses (par exemple, la différence d'ambiance aux 2 soirées) le temps s'infiltre doucement dans le coeur de tes mots et on le sent battre sous nos tempes.

Anonyme a dit...

J'aime te lire aussi, tes mots sont profonds, ils viennent de ton coeur. C'est bon de partager, c'est profondément humain. Tant de gens en sont incapables. Merci d'écrire et de nous permettre de le lire.

Bonne pluie ma belle!

Hélène