24 février 2012

Le froid, le chaud.

Regarder dehors
ce n'est pas ma première neige
-bouffée de chaleur

Il tombe une belle grosse neige, et il va en tomber toute la nuit selon météo Canada.  J'aime la neige, c'est la plus belle bordée depuis le début de l'hiver.  C'est amusant de contempler tout ce blanc, indice qu'il fait froid dehors, et d'avoir chaud, comme si j'étais dans un sauna.  Seulement le haut du corps, le bas est bien ancré dans le présent, dans ma cuisine en l'occurrence.  Ça ne dure pas, heureusement, qu'une minute ou deux.  Ça me fait encore rire, on verra si ça continue si ça m'amuse toujours.  J'aime les contrastes et là je suis servie.  Le chaud au front, le froid aux orteils, c'est comme ça tous les soirs.  Heureusement que mon chum sait réchauffer mes pieds et souffler sur la racine de mes cheveux.  Demain, ce sera la Nuit Blanche sur Montréal.  Je ne rate jamais cet évènement.  Cette année j'y participe d'une façon toute nouvelle grâce à mes haïkus.  Ils seront parmi bien d'autres dans un atelier de création de lanternes japonaise organisé par Jeanne Painchaud à la Grande Bibliothèque à partir de 20h.  Je vais apporter mon appareil photo pour en ramener des images.  J'espère que je n'aurai pas trop chaud durant la soirée.  Je vais prévoir le coup et m'habiller en oignon.

04 février 2012

Ta langue dans ma bouche

Ma langue dans ta bouche
journée de célébration
de la langue française
Je reviens du Lion d'Or où se déroule encore cette fête qui doit durer douze heures, de midi à minuit.  Des conteurs, chanteurs, musiciens, poètes, enfin des artistes de toutes concentrations et des politiciens se succèdent dans de courts numéros afin de démontrer la beauté et la diversité de notre langue.  J'ai réussi à faire quelques dessins avant qu'on ne tamise trop la lumière.  Celui-ci est le portrait de Hacème, un poète Kabyle qui écrit en français et l'ami d'une amie.  J'ai retenu une phrase de son texte car elle résume selon moi la manière dont on perçoit notre langue: Tes yeux incandescents et larmoyants.  J'y vois un regard perçant malgré les larmes, le courage de continuer alors que les coups pleuvent.  Comme beaucoup de gens je minimise souvent l'impact de l'anglais autour de moi.  Les différents quartiers que j'ai habités à Montréal se sont tous tranquillement anglicisés.  Auparavant, je n'entendais parler anglais que dans l'ouest ou au centre-ville, mais maintenant il ne se passe pas une journée ou je n'entende parler cette langue autour de moi et pourtant j'habite maintenant le centre-sud, l'ancien faubourg à m'lasse, un coin réputé québécois très pauvre et tricoté très serré.  Alors un évènement comme J'aime ta langue dans ma bouche a besoin d'exister et même de se multiplier.  C'est un grand plaisir d'entendre des Québécois de tous horizons prendre la parole en français.  Ça développe des amitiés nouvelles.  Si ça vous tente d'y aller, il va y avoir Paul Piché et Boucar Diouf.

21 janvier 2012

Sacrés moineaux.

Parmi les moineaux
que je nourrie tous les jours
un gros étourneau
Je ne peux choisir qui va venir se nourrir aux miettes que je dépose sur ma galerie.  La plupart du temps se sont des moineaux, ils sont assez vifs et rapides pour s'approcher de ma porte-patio sans s'effrayer de ma présence derrière.  Mais il y a toujours un étourneau parmi eux, quelquefois plusieurs.  Ils sont plus gros et plus gourmands et quelquefois les moineaux vont attendre un peu plus loin que la cohue créée par les étourneaux se termine avant de revenir manger ce qui reste.  Ce n'est pas grave de nourrir les étourneaux, ils ont besoin de manger eux aussi.  Je me souviens que mon père les détestait et c'est sur eux qu'il nous avait montré à tirer avec la carabine à plomb.  Heureusement, nous étions tous de mauvais tireurs.  Je sais que les étourneaux peuvent faire du dégât dans les cultures au moment des semences, mais je crois aussi qu'ils sont victimes de leur mauvaise réputation.  Cela me fait penser à certaines personnes qui prennent toute la place et qu'on ne peut s'empêcher de détester.  Ces personnes qui rient trop fort, qui parlent trop ou s'arrangent pour avoir ce que vous croyez devoir vous revenir.  Ces personnes qui s'accaparent les réussites, les meilleurs parts du gâteau et les meilleurs chaises.  C'est souvent juste une question de perception, mais certaines personnes ne savent pas partager, que ce soit des miettes ou des mérites.  Bizarrement, se sont souvent les mêmes qui refusent de prendre les blâmes et qui les laissent aux autres.  Je ne veux pas dire que les étourneaux soient comme ça, mais ils me font penser à certain travers humains.  Je suis comme ça, quand je regarde les nuages je vois des formes qui me font penser à des objets ou des gens.  Quand j'observe le comportement des animaux, je pense aux comportements des humains et je les compare.  C'est plus fort que moi.  Au fond, ça ne m'apprend pas grand chose, sauf peut-être à réaliser que tous ont le droit de vivre, les gros comme les petits, les égoïstes comme les généreux.  Mais je crois aussi qu'on n'est pas obligé de se laisser manger la laine sur le dos non plus.  Sacrés moineaux!

14 janvier 2012

Janvier



Il fait vraiment froid
je vais nourrir les moineaux
pour me rafraîchir


Il fait froid pour de vrai, c'est bel et bien janvier.  Nous en avons pour quelque temps, c'est sur.  J'en suis très contente car pour moi c'est le contraire qui commence, les chaleurs.  J'ai 52 ans et je suis heureuse d'en arriver là.  Clémence Desrochers nous à bien fait rire avec sa ménopause et j'ai bien l'intention d'en rire aussi.  Les moineaux ne me jugent pas quand je vais leur porter des miettes de pains en pyjama.  Je ne fais qu'ouvrir la porte-patio mais l'air glacé qui entre dans la cuisine me fait l'effet d'une gentille brise.  Heureusement, les chaleurs ne durent pas, quelques secondes seulement, mais c'est intense comme peut l'être la vie par moment.  Ça me fait au moins un truc nouveau dans ma vie.  Pour le reste tout est si tranquille que j'ai le temps d'écrire et de remplir des cahiers de dessins, avec des moineaux entre autre.  Je les aime bien ces drôles d'oiseaux qui viennent piailler sur ma galerie dès les premières lueurs du matin.  Ils n'ont pas une très belle voix, ni un très beau plumage mais ils sont toujours présents, ce ne sont pas des frileux.  Ils sont peut-être en ménopause eux aussi...



05 janvier 2012

Dresseuse de tortue


 Le vaste océan
je l'ai admiré souvent
-jamais d'aussi près
J'aimerais bien être ailleurs aujourd'hui.  Un ailleurs très loin si possible, avec la mer tout autour, comme sur cette image.  Une île ferait aussi bien l'affaire, mais une île où il fait chaud, pas comme ici à Montréal.  Habituellement j'aime l'hiver, mais je suis en recherche de travail depuis longtemps et tourner en rond n'est pas mon fort.  J'aime avoir une route à suivre quitte à la défricher, à me la faire moi-même.  Pour l'instant mon seul souci est de trouver de quoi payer mon loyer, pas de peindre une superbe aquarelle, ni d'écrire un bon haïku.  Non, tout bêtement, comme les trois quart des gens sur terre je veux juste manger, enfin, avoir de quoi manger.  Je n'avais jamais vécue cela auparavant.  J'ai quitté mes parents pour vivre avec mon amoureux de l'époque qui gagnait bien sa vie.  Quand je l'ai quitté, je me suis trouvé du travail et j'ai toffé 10 ans.  Maintenant je voudrais vivre de mes aquarelles, de mes dessins et de mes illustrations.  Je trouvais mon style assez établie et assez subtile pour se glisser dans toutes sortes de publication, pour plaire à toutes sortes de gens mais voilà, où sont ils?  Les clients ne se bousculent pas, ni les amateurs non plus.  J'ai trouvé une galerie qui m'a pris mes petites aquarelles, je diffuse sur plusieurs sites internet tant aux USA qu'en Europe, la dernière en liste se trouve en Allemagne, mais je n'ai aucune demande qui arrive.  J'aimerais bien continuer à produire mais les sous me manquent.  Mon ordinateur menace de me lâcher, ma sécheuse vient juste de le faire bref, les nuages noirs s'accumulent au-dessus de ma tête.  Comme je suis tête en l'air, je les vois très bien, ne vous en faites pas.  Je ne peux les ignorer, mais qu'est-ce que j'aimerais être ailleurs.  Je vais surement devoir prendre un boulot idiot qui va me nourrir, une job alimentaire, une affaire plate à tout les coups.  Je ne veux pas retourner travailler devant un écran toute la journée, j'aimerais mieux servir du café au Tim's et c'est ce qui me pend au bout du nez.  Je ne suis pas découragée, ce n'est pas mon genre, j'ai du courage à revendre mais je suis désespérée.  L'espoir nous pousse à attendre que les choses se tassent, le désespoir nous fait agir mais pas toujours au mieux.  Je ne volerais pas de banque, je suis trop honnête, je ne danserais pas nue, je suis trop vieille, je vais trouver un boulot qui bouge car j'ai besoin de bouger et de voir du monde.  J'avais un petit boulot de serveuse, mais le restaurant qui m'employait est maintenant fermé.  C'est difficile de se faire embaucher en janvier car bien des restaurants ferment leurs portes durant ce mois creux.  Montréal en lumière vas les ramener au travail et je vais tenter de m'y faire une petite place.  C'est dur de chercher du travail, quand ça fait trois fois durant l'année que tu reprends ce même chemin, ça devient épuisant. Puis, on a beau dire, l'âge que j'ai ne m'aide pas.  Quand les patrons sont plus jeunes, ils me regardent de haut, l'air de se dire, elle ne sera jamais capable de tenir debout toute une soirée.  Les patrons plus âgés sont plus ouverts à ma candidature mais je dois les rencontrer en personne et souvent ils sont en voyage en ce moment.   Si je pouvais, je m'inventerais un travail sur mesure, dresseuse de tortue par exemple.  J'aime les tortues, j'en ais une petite collection, ramenée ou offerte au fil des années, en bois, en nacre, en verre, en céramique, des petites en pierres semi précieuses, en tissus, en perles, en toc et j'ai même une taie d'oreiller avec une tortue.  Le symbolisme de la tortue c'est la persévérance et la sagesse.  Je suis persévérante, nul doute la dessus, je vais continuer de chercher du travail, mais  pour ce qui est de la sagesse, on verra ça plus tard, quand je serai grande...

18 décembre 2011

L'étoile filante


Un ciel sans nuage
où passe une étoile filante
tant attendue

Noël approche, plus qu'une semaine.  Les décorations sont mises, les cartes de Noël sont envoyées.  Le départ pour Québec est prévu pour le 24.  Nous réveillonnerons chez ma sœur, ma frangine.  Je l'appelle comme ça depuis les années 70.  Ma mère, grande amatrice de mots-croisées nous avait appris ce mot d'argot qui nous avait tout de suite plut.  Chez nous, nous sommes trois sœurs.  Je suis l'aînée, la grande sœur, la plus jeune on l'appelle la petite sœur, alors celle du milieu à revendiqué le nom de frangine.  C'est notre frangine, à moi la grande et à ma petite sœur aussi.  Nous allons nous échanger des cadeaux écolo, du style j'ai ça dans ma maison mais je ne m'en sers plus.  Oups!  Il me faut trouver quoi et l'emballer.  J'ai aussi trois bonnets de laine que j'ai tricotés et auquel j'ai cousue une bande de fourrure provenant du manteau de castor de ma mère qu'elle ne porte plus.  Nous aurons toutes un morceau de ce manteau pour nous tenir au chaud.  Ma fille est arrivée hier avec le sien.  Elle l'a eut d'avance, car c'était mon prototype.  C'est chaud, confortable et ça ne décoiffe pas.  Ça se porte comme un capuchon et on noue le foulard qui le termine autour du cou.  Cette année, personne de malade, on devrait s'amuser.  Le chum de ma mère est assez ralenti mais il a gagné depuis quelques années une humeur plus enjouée et il est adorable.  Alors on fait plus attention à lui et c'est plus agréable pour tout le monde.  On va bien manger, ma sœur et son chum sont des épicuriens qui savent cuisiner.  Ma frangine manque un peu de confiance en elle et elle a bien tord, elle est formidable.  Elle s'entend tellement bien avec mon fils, qu'on dirait que c'est le sien.  Ils ont des atomes crochus.  Moi je m'entends super bien avec mon gendre, il est comme mon fils.  Sa mère est très loin, à Cuba, alors je la remplace un peu. Ma fille ressemble tellement à ma petite sœur que lorsqu'elles sont ensembles je mélange leurs noms respectifs.  Un de mes neveu ressemble beaucoup à mon père décédé il y aura bientôt 28 ans que même sont débit de voix est pareil.  Le plus étrange c'est qu'il ne l'a jamais connu, il n'a que 22 ans.  Un de mes neveux sera surement là avec sa blonde, ça ajoute un nouveau visage et tout ce qui nous manquera c'est un bébé de l'année.  Le plus jeune à 20 ans, il est premier cuisinier au restaurant La Traite au Village Huron.  Il fait 6 pieds, ce n'est plus un bébé depuis longtemps, mais c'est notre bébé à toutes.  C'est étrange, j'en parlais avec une collègue, quand on est mère, on se sent mère de tous les enfants, mais encore plus de ceux qu'on voit grandir et surtout ceux de ces frères et sœurs.  Alors aujourd'hui je souhaite à tous les enfants du monde des oncles et des tantes pour prendre soins d'eux, pour les gâter, les soigner, et surtout pour les regarder grandir avec bienveillance. 

10 décembre 2011

Le renard

Dans la neige nouvelle
trouver des traces de renard
plutôt rare en ville
Ça m'est arrivé quelquefois de voir un renard en ville. Je ne suis pas la seule, une amie de grand talent Jocelyne Bouchard tire de ces expériences de très beaux tableaux. Pour ma part, au cimetière de la Montagne, j'ai déjà vue des traces de renard et la petite bête qui se baladait tranquillement entre les monuments pour se faufiler ensuite sous les basses branches d'un sapin.  Il y avait aussi beaucoup de traces de lièvres.  En plein été, j'ai vue un renard qui arpentait les berges de l'Île Ste-Hélène à la recherche de sa pitance, tout près d'un tout nouveau manège qui tirait des cris d'épouvantes aux malheureux qui s'y risquaient.  Les renards sont toujours en quête de quelque chose, mais ils ont toujours l'air tranquille.  Sans doute sont ils certain de trouver quelque chose qui leur conviendra, la nature y pourvoit tout le temps, pas toujours quand on le voudrait mais les renards savent attendre.  Je m'inspire d'eux en cette saison où je fais tout de sortes de petits boulots afin de subsister.  J'avance en tentant de garder l'allure calme et sereine du renard qui sait qu'il va trouver ce qui lui convient.  Je continue de chercher, j'avance en territoire inconnue, quelquefois hostile, quelquefois favorable et bien souvent neutre, mais j'avance.  Je veux vivre de mes aquarelles, qu'elles soient exposées en galerie, vendues à des amateurs, ou commandées par des directeurs artistiques pour des illustrations m'indiffère pour l'instant.  Je prendrai ce qui se présentera, mais je continue de dessiner et de peindre.  J'écris aussi, dans de nouvelles directions et ce n'est pas toujours bien fait mais j'apprends.  Je le fais surtout dans le but de stimuler ma production d'image.  Je ne suis pas du genre à me décourager mais je ne peux que constater que je m'appauvris.  C'est sans doute inhérent à la vie d'artiste, comme la faim au ventre à la vie de renard.