22 octobre 2010

Le viaduc

Passage obligé
par-dessous la voie ferrée
pour acheter du vin

Obligatory passage
from underneath the track
to buy wine

Paso obligarorio
debajo del ferrocaril
para comprar vino

Là où j'habitais avant une succursale de la Société des alcools était située juste au coin de ma rue.  Maintenant si je veux du vin, je dois prendre mon vélo et passer sous le viaduc de la rue Ontario pour me rendre jusqu'à un peu avant le boulevard Pie IX, là où se trouve ma succursale la plus proche.  Je dois avouer que je n'y vais pas pour rien et que je remplie mon sac à provision, celui qui rentre juste dans mon panier de vélo.  J'ai  dans ma cuisine une désserte qui possède une tablette pour déposer les bouteilles de vin.  Je l'utilise dorénavant plus souvent que juste durant le temps des fêtes.  Malheureusement, mes réserves ne durent jamais bien longtemps et si vous venez me voir et que c'est panne sèche, j'irai acheter de la bière, spécialité de tous les dépanneurs du coin et ils sont nombreux dans mon coin.  L'été dernier je voyais passer le livreur à bicyclette tous les jours chargé de caisses de bières, vides ou pleines dépendamment si c'était l'aller ou le retour.  C'est un emploi lucratif, moi qui aime faire du vélo, je vais y penser.  Les pauvres sont souvent généreux en pourboire au début du mois du moins.  Avec mon chèque de chômage, tout de même généreux, je me sens comme faisant partie de mon voisinage.  Je vais voir les spectacles gratuits de la maison de la culture.  Je lis le voir et les autres journaux comme le devoir sur internet.  J'emprunte même les dvd de film à ma bibliothèque, comme ça j'ai assez d'argent pour acheter du vin.  J'ai appris doucement à boire du vin.  Mon père, grand amateur, nous en servait un verre à mes soeurs et moi chaque dimanche au souper à partir de l'âge de 15 ans, si nous étions d'accord.  À cet âge c'est difficile de dire non, bien sur en bonne fille au début nous avons toutes préféré le vin blanc mais comme mon père préférait le rouge il n'y en avait que rarement sur la table, sauf si ma mère en avait eut besoin pour sa recette.  Le goût du vin est plus facile à acquérir que celui de la bière pour les filles, et j'ai encore bien des amies qui n'en boivent pas.  J'avoue aimer et la bière et le vin, même qu'en vieillissant, j'apprécie davantage le fort.  J'en prenais à 20 ans quand je sortais avec des amis, j'y reprend goût.  J'ai donc une armoire où l'on peut trouver du rhum Cubain et certaines liqueurs, mais surtout faite attention en ouvrant le congélateur car j'y ai mis une bouteille de dry gin et une de vodka.  J'aime mes drinks bien froids.  Mon préféré, gin soda avec de la lime.  Le gin tonic tue le goût du gin.  Je bois donc les vendredis soirs un gin soda en pensant à mon grand-père qui en était friand.  Quand l'automne arrive j'apprécie la vodka en bloody mary, ça c'était le préféré de ma grand-mère qui en préparait des doubles.  Je ne suis pas ivrogne, même si en blague mes soeurs et moi répondions étant ado aux adultes qui nous demandaient ce que nous voulions faire quand nous serions grandes, ivrogne comme notre père.  Cela faisait rire tous le monde, mon père ne s'en lassait pas.  Je bois modérément, que les fins de semaine, pas plus de deux verres sinon je déguste, j'ai des spasmes dans le cou depuis les radiations qui m'ont guéries d'un cancer.  Finalement, c'est ma santé qui l'emporte sur le plaisir.  Je ne serais jamais ivrogne, mais vivrait plus longtemps que mon père.  C'est déjà fait car il est mort à 47 ans.  Pensez-y si vous buvez tous les jours!  Voyez comme il était beau à 16 ans quand ma mère l'a rencontré.


1 commentaire:

helena frontini a dit...

Tu as raison. Il était beau, ton père.