12 janvier 2010

Une banane


Manger une banane
tout les jours pour déjeuner
-faut être un peu singe
Les lundis sont de plus en plus difficiles. En plus de devoir quitter mon amoureux, que je ne vois que les fins de semaine, je dois endurer durant cinq jours deux collègues désagréables avec qui je partage mon bureau. Je marche pour me rendre au travail littéralement en me bouchant le nez. Mais en bonne petite bonne femme je fais deux tours à mon foulard de laine et j'avance en faisant face au vent. Quelquefois j'aimerais être plus méchante et devenir carrément odieuse pour leur rendre la pareille. En tapant dans Google les mots personne désagréable j'ai trouvé, en plus d'une tonne de synonymes, ce site qui m'a bien fait rire. J'aimerais comme Paul Marzloff pouvoir affirmer: une méchanceté par jour et par personne. Malgré tout mes efforts je ne pourrai aller plus loin que : une méchanceté par jour et par personne désagréable. Il m'est absolument impossible d'être importune envers les gens affables qui ne m'ont rien fait. Mais comme j'aimerais parfois avoir du sang indien et savourer une froide vengeance, mais il semble que mon imagination, pourtant fertile, n'a pas la moindre idée par ou commencer. Je suis donc condamnée à la gentillesse. Certains jours, je déteste mon sort. J'ai si souvent entendue des gens dire qu'ils détestaient la gentillesse. C'est le monde à l'envers. Je comprends bien que ce qu'ils détestent au fond c'est l'obligation que nous avons d'être gentil envers tous le monde et que cela n'est souvent qu'une couverture, un masque. Je n'y crois pas. Les gens gentils sont gentils et ne peuvent simplement pas s'empêcher de l'être. Les gens déplaisants le sont de nature et toute la gentillesse du monde n'y pourra rien changer. Au fond ceux qui disent détester la gentillesse montrent leur vrai visage qui est plutôt disgracieux. Ce ce qui me fruste le plus finalement, c'est que malgré tout ce que je ferais, ou ne ferais pas, mes collègues sont et seront toujours des personnes désobligeantes. Alors quand je mange ma banane matinale et que j'admire sa forme en sourire je me la garde en tête pour rire aux âneries et aux grognements de mes rebutantes voisines de bureau. J'arrive ainsi à passer la semaine en gardant le moral au beau fixe.

6 commentaires:

Venise a dit...

Beau retour avec le sourire de la banane. J'aime bien. Ça me donne un sourire dans la figure et une envie frétillante de banane ... que je crois bien que je vais satisfaire de ce pas.

(n.b. elle a l'air si vrai ta banane dessinée)

linerouge a dit...

Je les aime bien mure mes bananes. Je l'ai dessiné dix minutes avant de la metttre en ligne. C'est une banane toute fraîche.

Martin Côté a dit...

Je suis moi-même quelqu'un qu'on pourrait décrire comme gentil. Je ne me fâche jamais, je fais toujours attention on dirait. Une grande partie de ma gentillesse n'est qu'une façade parce qu'en fait je m'ennuie. Je m'ennuie seul et encore plus avec les autres (sauf en de rares cas) Fait que je fais semblant d'être bien.

Je rêve aussi d'exprimer le méchant ou le bête mais ça reste un rêve. Je le fais des fois dans mes dessins.

J'aime beaucoup les bananes moi aussi. C'est un des rare fruits que je peux manger compulsivement.

linerouge a dit...

@ Martin, je le savais que tu etais du côté des gentils. Quand à l'ennui c'est le meilleur moteur de la créativité. Je crois que DaVinci disait la même chose...

Paul M. a dit...

La méchanceté du gentleman ne s'exerce qu'à l'encontre de ses amis les plus précieux et capables d'y répondre vertement. C'est ainsi que les petites piques quotidiennes entretiennent l'amitié.

linerouge a dit...

A Paul, encore faut-il être capable de répliquer vertement, ce que je ne ne sais pas faire. J'ai besoin de recul pour comprendre. Paourtant j'ai fait de l'escrime et je me battait bien, c'est ainsi quand on connaît et respecte les règles.