11 juillet 2010

Le repère du ouaouaron


Tout au bout du lac
on entend un ouaouaron
et des libellules
Ma fille habite maintenant la campagne avec son amoureux et ils s'y plaisent. J'y ai passé deux jours à cueillir des petits fruits et à nager dans le lac voisin qui s'appelle le lac Opéra. Le seul chanteur rencontré est un gros ouaouaron qui donne un concert chaque fois qu'on passe près de son repère parmi les quenouilles. À côté se trouve des nénuphars et c'est le royaume des libellules, les grosses bleus, celles qui vrombissent comme des bimoteurs. C'est en me baignant dans ce lac que j'ai rencontré Mégane, huit ans. Elle est venue vers moi avec son flotteur et l'air surpris m'a demandé si j'avais les cheveux gris. J'ai répondu que oui et elle m'a alors demandé mon âge. Quand je lui ais dit que j'avais cinquante ans elle à écarquillé les yeux en disant candidement qu'elle croyait que j'étais une petite fille. Je lui ai répondu que j'étais une vieille petite fille et nous avons continué de jouer ensemble à attraper une tortue de plastic jaune avant qu'elle ne coule au fond complètement. Je dois avouer que j'adore l'eau, je nage, je plonge, je vais voir ce qu'il y a au fond du lac et au bout du quai. Je suis la première entrée dans l'eau et souvent la dernière sortie. J'ai trouvé un coin où le fond était argileux et j'en ai ramené un seau. Je me suis couverte le corps de cette argile grise et douce et l'ai laissé sécher au soleil. Ma fille m'a également traitée de gamine mais c'est moi qui avait une peau douce après ce traitement. Le moment que j'ai préféré durant toute cette fin de semaine c'est quand en finissant de laver la vaisselle avant de partir, j'ai aperçu ma fille et son amoureux en train de danser devant le garage car ils avaient enfin réussi à installer le routeur et l'ordinateur fonctionnait enfin dans ce qui est maintenant l'atelier de peinture. Leur bonheur se lisait dans leurs gestes et leurs visages reflétaient la joie d'être ensemble, là, dans leur petit coin de paradis. Il n'y a rien de meilleur pour une mère que de voir ses enfants heureux. Je suis partie l'esprit en paix.

4 commentaires:

helena a dit...

Un beau coin de paradis!!!
Moi, 50 ans, je danse aussi avec mon amoureux devant la maison, certaines soirées sous une lune magique. C'est aussi ça la campagne!

Anonyme a dit...

Ton entrée m'a fait sourire... il est magnifique ce texte! Je t'imagine sans problème en conversation avec cette petite fille qui pensait que tu étais une enfant. C'est tout à fait normal qu'elle trouvait étrange de voir que tu avais des cheveux gris, tu as gardé ton coeur d'enfant et c'est la seule chose qu'elle voyait.

Hélène

Panthère rousse a dit...

:-)

linerouge a dit...

Il me manque déjà ce lac, et ma fille aussi.