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01 février 2013

Le bruit

Bruits dans la ruelle
ce matin aucun oiseau
pour mes miettes de pain

Le mois de février est, entre autre, le mois du haïku.  Une amie de Vancouver nous propose d'écrire chaque jour un haïku et de le diffuser sur la page NaHaWriMo en français sur facebook.  J'y ai participé il y a deux ans et cette année je récidive.  Ce n'est pas aussi facile qu'il y parait.  Il faut y penser tous les jours et même si pour nous aider des thèmes nous sont proposés pour le lendemain, cela prend du temps.

Aujourd'hui j'ai proposé le haïku ci-haut, mais sans l'image, ça c'est juste pour vous, lecteurs de mon blogue.  Ce qui m'amène à vous parler du bruit.  Vivre en ville c'est vivre dans le bruit.  Les voitures, les camions, les avions, les travaux (ça c'est en continue à Montréal), les voisins et leurs chiens.  J'aime la tranquillité, il n'y a rien de mieux pour stimuler la créativité.  Trois projets m'attendent sur ma table à dessin, une table est posée sur un vieux drap juste derrière moi et elle sera bientôt peinte d'un mandala pour ensuite recevoir une épaisse couche de vernis.  Trouvée dans une poubelle elle deviendra ma table de salon préférée.  

Le bruit fait peur aux oiseaux et aux artistes.  Voilà, c'est dit.  En tout cas, à ceux qui sont comme moi.  Je sais que certains créateurs aiment le bruit et travaillent sur de la musique rock très, très forte.  Je préfère le son de la sécheuse qui a le mérite d'être calme et ennuyant mais surtout de couvrir les bruits de construction des voisins et des jappements de leurs chiens. J'ai aussi quelques disques préférés pour travailler comme Music for Zen Meditation, vous voyez le genre.

C'est fragile la créativité, la prochaine fois je vous parlerai de la lumière...

04 mars 2011

Le harfang des neiges


Presqu'invisible
immobile sur un piquet
un harfang des neiges

Une rencontre unique, un harfang des neiges vues depuis la voiture lors d'un séjour à l'Île aux Coudres il y a quelques années.  Il faisait presque nuit et les champs alentour avaient commencé à prendre une teinte de gris qui fonçait petit à petit.  Nous étions presque arrivés à destination et c'est dans une courbe que je l'ai aperçu.  Debout sur un piquet de clôture en bois de cèdres se tenait ce bel oiseau blanc taché de noir.  Il ouvrait ses grands yeux, sans doute aveuglé par les phares de la voiture.  Nous nous sommes arrêtés sur le bas côté, il ne passait plus personne de toute façon.  J'ai sortie mon appareil photo, mais comme la lumière manquait j'ai décidé de m'approcher un peu.  Mauvaise idée, il s'est envolé.  Je me souviens encore du bruit de ses ailes, car il n'y avait aucun vent: flop, flop, et puis plus rien.  En deux coups d'aile il était hors de porté, il a semblé glisser sur la neige jusqu'à l'orée d'un bois et il y est entré sans un seul bruit de plus.  La simplicité de son vol, la majesté de son regard et le calme qui se dégageait de cette scène ce soir là se sont gravés dans ma mémoire.  Cette image m'est revenue lors d'un exercice d'écriture de haïku ou il était suggéré comme sujet un oiseau de nuit.  J'ai revécu cette rencontre grâce à cela.  Cet oiseau est l'emblème aviaire du Québec, et son silence me fait penser à la majorité silencieuse que nous formons trop souvent.  Ookpik, pour les Inuits, mérite tout notre respect.  Cette année-là, l'hiver avait été très rude et il n'avait pas été rare de rencontrer de tels oiseaux qui descendaient plus au sud pour se nourrir.  Ce fut malheureusement notre seule rencontre, mais j'en garde un souvenir impérissable et un profond respect.