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23 juillet 2010

Un argousier


Jardin Botanique
découvrir les argousiers
dans le potager
J'avais décidé de profiter de la belle journée et d'arriver plus tôt au Jardin Botanique de Montréal où j'avais rendez-vous avec des amis haijin. J'adore traverser le jardin potager car on y montre souvent des espèces de plantes faciles à cultiver ici et qui me sont peu familières. Cette fois-ci ce sont les argousiers qui ont attirés mon attention. Sur de petits arbres chenus poussent de petites feuilles longues et bleutés et des centaines de petits fruits jaune orangés qui sont si nombreux qu'ils ont l'air d'envahisseurs. J'ai trouvé un coin pour dessiner cette plante fascinante. Je l'ai ensuite montré à une amie d'origine allemande qui connaissait bien cette plante. J'aimerais bien goûter au sirop d'argousier et à la liqueur alcoolisé qui est fabriqué ici au Québec. Mon beau-frère m'a dit qu'il utilisait une crème pour la peau faite avec ce fruit riche en vitamine E. Ce doit être beau à voir une argouseraie en pleine période de production de fruits. C'est en plein le moment et si vous vous chercher une destination de fin de semaine allez visiter l'un des deux producteurs du Québec. J'avoue avoir un faible pour les précurseurs, ceux qui osent faire des choses différentes. On voit souvent de drôles de choses quand on prend son temps dans un jardin. Plus tard au Jardin Japonais un attroupement de photographes tous bardés d'armes lourdes fusillaient un petit saule sur lequel était posé à moins de deux mètres d'eux un épervier. La chaleur sans doute l'avait amené là, tout comme moi.
Unique épervier
posé sur une branche basse
quatorze photographes

26 mars 2010

Apologie














Avec trois framboises
célébrer l'imaginaire
faire des marionnettes

Quand je suis seule j'aime jouer avec la nourriture. Mettre des framboises au bout de chacun de mes doigts par exemple et m'imaginer que je peux leur parler comme à des amies qui savent écouter, m'amuse. Je pourrais leurs dire tout ce qui me passe par la tête, elles ne me jugeront jamais et même si je les mange elles ne m'en voudront pas. Les amies c'est différent et je vais devoir faire mon apologie avant de boire la ciguë. Comme Socrate je vais me servir d'un genre littéraire pour me défendre et défendre mon droit à l'expression. Je me suis souvent servie de ce blog pour exprimer ce que mes amies et mes collègues n'ont pas voulu entendre, trop pressés, trop occupés ou trop rien à faire avec ça. J'ai souvent du mal à m'exprimer verbalement, si je n'ai pas une bonne réception je préfère me taire. Écrire m'est plus facile, j'ai le temps de réfléchir, de trouver le bon mot, le bon adjectif. C'est important les adjectifs, ils accentuent toutes choses. Alors voilà, si vous lisez mes textes et que vous trouvez que c'est très personnel et bien ne soyez pas surpris, c'est exactement pour cela que j'entretiens ce blog, pour m'exprimer quand j'en ai besoin. Je crois que je suis généralement respectueuse, il y a assez de blog mal embouché et je ne vais pas en rajouter. J'ai commencé à écrire quand ma fille est partie en appartement avec son amoureux. Je n'avais plus personne avec qui partager mes petits soucis du quotidien. Avant de me mettre à parler toute seule, ou encore à vraiment discuter avec des framboises, pour l'instant je ne fais que jouer avec, je vous promet que j'irai voir un psy. Si j'ai blessé quelqu'un je m'en excuse, mais je ne m'empêcherais pas d'écrire ce que je ressens, c'est primordial à ma santé mentale. Vous devriez en faire autant c'est salvateur. Je ne gagnerai jamais de prix pour mon blog, on n'éditera jamais un livre à partir de ce que j'écris mais le bien que cela me procure m'aura permis d'avancer, en me permettant de m'exprimer, autant par le texte que par le dessin et les haïkus. Ce blog, combiné aux petits livres que je fais et qui sont distribués dans les Distrobotos sont mes phares, ils éclairent ma route et si j'avance lentement c'est que j'aime ça comme ça. Ce soir je serai à Sutton où une amie organise un atelier de papier marbré avec Lucie Lapierre. J'y vais avec ma grande amie, qui va beaucoup mieux car elle est en amour, et avec qui j'ai envie de passer du temps après s'être un peu perdue de vue. Je vais moi aussi beaucoup mieux, je prends la vie plus simplement, je réussie à prendre du recul sur ce qui se passe autour de moi et en moi et j'ai des projets qui avancent lentement mais qui avancent. Je vais profiter de ce séjour à la campagne pour faire des dessins, des aquarelle, et des haïkus en plus du papier marbré. Ce sont de petites choses qui prennent à peine plus de temps que de prendre une photo et qui me plaisent davantage. Je vais pouvoir nourrir ce blog de nouvelles images et de nouvelles idées.
J'ai rencontré vendredi le 19 mars dernier plusieurs autres blogueurs à la rencontre du Yulblog pour leur dixième anniversaire et ils m'ont tous apparus comme des gens équilibrés, un peu timide bien sur mais capable de se parler de tout et de rien. Pouvoir mettre des visages sur des textes que je lis fut très agréable comme Pierre-Léon et les surprises toutes positives comme Valérie. Hier soir j'étais à une fête de tweeteur au Bain Mathieu et l'ambiance était très différente, les gens sont plus jeunes, plus énervés et surtout plus branchés. Ce que j'ai trouvé de meilleur dans cette soirée à part l'acceuil des barmans et barmaids ce sont les macarons du Point G. Autrement j'ai trouvé qu'il y avait énormément de pitoneux, de photographeux et de vidéasteux. Je me suis même fait bousculer par une dame qui voulait absolument prendre David Husher en photo avec son téléphone portable. Il y avait devant nous une mer de ces appareils qui créait une barrière entre la scène et nous. Je n'ai pas vue cela chez les blogueurs, ils étaient plus calmes et plus ouverts. Deux univers parallèles se côtoient sur le net. Je fais partie des deux mais j'avoue me servir de tweeteur surtout pour me tenir informé et pas encore pour informer les autres. J'ai le projet de mettre certains de mes haïkus sur ce réseau. Je ne sais pas encore lesquels, mes vieux, ou mes plus récents, je prends encore du temps pour y penser. Rien ne presse, n'est-ce pas?

02 février 2010

Les pommettes


Il neige, tout est blanc
dans le pommetier chaque pommette
à mis son bonnet
Il y a, à quelques rues de chez-moi un bel édifice de briques rouges qui abrite des personnes âgées. Juste devant, deux pommetiers encadrent la porte d'entrée. Ces pommetiers gardent leurs pommettes tout l'hiver et c'est drôlement jolie lorsqu'il neige et tout à fait féerique lorsqu'il y a du verglas. Depuis plusieurs jours nous avons du soleil et du froid sur Montréal. J'adore ça, le soleil, malgré le froid. Après la pluie et le temps gris de ces dernières semaines la lumière du soleil est la bienvenue, même derrière un foulard. Autour de moi beaucoup de gens préparent des voyages vers le sud: mes soeurs, mes collègues, mes patrons eux sont déjà bronzés. J'aimerais seulement pouvoir aller faire du ski une journée ensoleillée et revenir avec un masque de raton laveur à l'envers: le contour des yeux blancs à cause des lunettes de ski. Mon partenaire officiel de ski s'est brisé le genou l'année dernière et ma copine occasionnel de ski est en amour par dessus la tête. Je suis heureuse pour elle, mais je crois que je vais devoir me contenter de patiner au parc Jarry. J'ai eut la bonne idée de m'acheter un bâton de hockey, j'ai réalisé que j'étais gauchère, je l'avais oublié car la dernière fois que j'ai eut un bâton dans les mains j'avais 10 ans. Maintenant quand mon chum et moi allons patiner nous demeurons sur la glace durant 2 heures au lieu de la petite demi heure quand on ne faisait que tourner en rond la main dans la main. Manipuler une rondelle, la lancer, l'attraper demande de la force et de la stabilité et fait travailler les bras en plus des jambes. Je reviens en nage et je suis contente de prendre un bon bain chaud en rentrant. Mon chum est patient et va doucement pour ne pas me décourager. La glace n'est pas toujours belle et ajoute au défi. Nous y retournerons sûrement samedi. La marmotte de Philadelphie a dit aujourd'hui que nous aurons encore 60 jours d'hiver, et bien tant mieux. Je vais pouvoir m'améliorer au hockey.
Patinoire déserte
apprendre après tous ce temps
que je joue gaucher

26 janvier 2010

La pomme verte
















Dessert de janvier
pomme verte dans le chocolat
qui reste de Noël


Les fruits frais se font plus rares, l'hiver est long et la Floride a eut froid. Je suis tannée des clémentines, j'en ai mangé deux caisses avant de me décider à faire de la marmelade. J'adore les bananes au déjeuner mais pour le dîner et souper j'ai besoin de variété. Sur la table traîne depuis Noël un plat remplis de chocolats qui commencent à disparaître sérieusement depuis que j'en fait fondre trois morceaux à la fois pour y tremper des bouts de pommes. C'est délicieux et en plus j'ai le sentiment de faire de la récupération avec mes vieux chocolats. Je sais, je me donne bonne conscience mais c'est si bon. Je considère la gourmandise comme un péché mignon. J'ai rêvé que je pesais 143 livres et que je voulais descendre à 125, c'est un rêve car en réalité je n'ai aucune idée du poids que j'ai. Comme tous le monde, j'aimerais bien retrouver ma taille de jeune fille, mais je perdrais aussi ma poitrine qui c'est joliment épanouie depuis. C'est bien certain que j'ai trop de ventre et que je devrais bien en perdre un peu. Dès que le chocolat sera terminé, je n'en rachète pas avant Pâques, je mangerais mes pommes avec du fromage! Zut alors, je ne suis pas certaine que c'est beaucoup mieux... Je les croquerais donc nature pour un bout de temps.
Jusqu'à Noël prochain.

19 janvier 2010

Deux bananes




















Besoin de soleil
en attendant les vacances
manger des bananes

Comme j'ai brisé mon casque d'écoute au travail la semaine dernière je me suis décidé à en acheter un sans fil. Une petite merveille de légèreté et de fidélité, j'en suis très heureuse. Je peux circuler de mon ordinateur au scaneur et aux différentes imprimantes sans me sentir comme un chien au bout de sa laisse. J'ai donc passé un excellent lundi matin toute à la joie de ce nouveau gadget qui me permet d'écouter de la samba, du baladi, de la musique flamenco ou gitane, du rock, du jazz, bref ce qui me tente ce jour là sans déranger personne. J'essaie de ne pas écouter de blues en ce moment car la tristesse est de retour malgré tout mes efforts. Je crois que ce qui arrive en Haïti y est pour beaucoup. Les médias ont le don de nous montrer les scènes d'horreurs et ce ad nauséam. Je ne vais jamais voir de films d'horreur (parce que j'ai horreur de ça)mais je n'ai pas le choix en ce moment car tout les médias en sont saturés. Je sais qu'on ne peut éviter la réalité mais une fois qu'on a fait son don à la Croix Rouge je crois que l'on peut se donner la permission d'éteindre la télé, de fermer la radio et d'éviter le distributeurs de journaux pour retrouver une certaine sérénité. Je ne le fais que depuis dimanche et il était grand temps. Malgré tout, la tristesse est de retour, cette musique qui traîne au fond de moi quand tout est tranquille et qu'il fait sombre, comme une contrebasse un peu monotone jouée par un débutant qui répète toujours les même deux notes en essayant de les tenir le plus longtemps possible. Tout les gadgets du monde n'y pourraient rien, quand la tristesse sévit il faut juste la regarder passer, comme on regarde un convoi funèbre avec calme et respect. On n'est pas obligé de le suivre, juste reprendre notre route ensuite avec au coeur que la vie est courte et pleines d'épreuves. J'espère que le prochain convoi sera un camion du cirque du soleil ou une bétaillère remplie d'autruche, ça m'amuserait un peu plus. Je ne suis pas inquiète bientôt je reprendrais goût aux beautés des petites choses. En attendant j'ai doublé ma ration de bananes, on ne sait jamais, ça pourrait m'aider.

05 janvier 2010

Nager dans le bonheur


Dessiner la mangue
avant qu'elle ne disparaisse
dans la salade mixte
Les vacances de Noël sont passées et en marchant vers mon travail je me demandais quelle résolution je pouvais prendre pour m'aider à supporter la routine et les petits ennuis quotidiens. J'ai l'habitude de prendre des résolutions plutôt philosophiques car elles sont ainsi plus facile à tenir pour moi. Après la maladie j'avais décidé d'aller vers la joie car beaucoup de tristesse traînait encore autour de moi. Cette tristesse à littéralement décollé deux ans plus tard lorsque mon médecin m'a déclarée complètement guérie. Je suis allé vers l'amour avec plus ou moins de succès au départ et maintenant que j'ai enfin un homme que j'aime et qui m'aime en retour je cherche autre chose. Pourquoi est-ce que ces bonheurs la ne me suffisent-ils pas? La joie et l'amour devrait pourtant me combler. Je suis heureuse, mais pas tout le temps. Certains évènements et certaines personnes me perturbent, me fatiguent et vont même jusqu'à estomper ma joie de vivre. Alors, comme je suis d'un naturel heureux, j'ai décidé que dorénavant je nagerais dans le bonheur. Chaque fois que quelqu'un ou que quelquechose viendra assombrir cet état, je ferais de mon mieux pour repousser tout ça. Comme quand on nage dans un lac dans le nord et que l'on se trouve dans un courant d'eau froide, d'un geste on se pousse vers un endroit plus chaud. Voilà donc ma résolution, je resterais dans les zones chaudes. Je les rechercherais tant que je pourrais nager. Le bonheur n'est pas juste une aptitude, c'est une recherche constante et je sais ce que je veux, je veux profiter de ma vie. Je ne laisserais donc aucune personne ou évènement rompre l'équilibre de mes journées. Chaque instant je veillerais à rester moi-même, heureuse dans mon élément: la vie.